ISAAC (Jules) historien français, pionnier…

Lot 27
2 000 - 2 500 €

ISAAC (Jules) historien français, pionnier…

ISAAC (Jules) historien français, pionnier des Amitiés-judéo-chrétiennes. Il fut un dévoué et ardent combattant pour la vérité, grand ami de Péguy auprès duquel il a façonné cette vocation, l’historien engagé avait une réputation de bagarreur, comme il aimait se gratifier. « La vérité est devenue ma règle d’or, la libre et scrupuleuse recherche de la vérité, la loi de ma vie.» (1877-1963) Correspondance de 33 lettres autographes signées à la secrétaire de Jean-Pierre Bloch (1905-1999) 72 pages de format divers, de 1955 à 1962. On joint quelques pages de notes. Superbe et très belle correspondance relative à l’amitié « judéo-chrétienne » et la réédition de « l’Eglise et Israël », correspondance dont on ne peut que limiter le détail de ces lettres tant leur contenu est riche de révélations et d’informations relatif à ses publications et concernant ses actions, en particulier sur la conférence internationale de Seelisberg qui s’est tenue en Suisse, de juillet à août 1947 pour étudier les causes de l’antisémitisme chrétien. Juin 1955. Il la remercie pour l’aide apportée concernant la publication de « l’Eglise et Israël » ouvrage que les éditions Albin Michel ont refusé de prendre malgré le succès « qui fut assez retentissant de "Jésus et Israël ", actuellement épuisé et non réédité ». Il lui joint « le bref mémorandum que j’avais déposé au congrès de Seelisberg de 1947 et sur la base duquel a été fait le travail qui a abouti aux dix points ». Il préfère la solitude, loin de Paris pour travailler et lui apprend que le premier tome de son nouvel ouvrage ( Genèse de l’antisémitisme) est prêt et comprendra deux parties principales : « l’une, ce que j’appelle "la naissance du monstre et genèse de l’antisémitisme [….] l’autre "les bases de l’antisémitisme chrétien" […] Je sais que vient de paraitre chez Calmann-Lévy, une histoire de l’antisémitisme de Léon Poliakof, lequel m’a soigneusement lâché l’ampleur de ses projets. Mais les deux chapitres du début où il aborde cette même période sont très rapides et superficiels. Aucun rapport avec mon travail…». Il a naturellement « grand désir » de ne pas désobliger Mr Pierre Bloch « qui s’est montré si obligeant à mon égard » mais s’inquiète que son livre soit lancé par « la table Ronde », car « c’est Plon, et que Plon est un éditeur très bien pensant, en excellent rapport avec l’église […] Je me méfie parce que je sais ce que c’est que la bataille que je mène, et à quelles hostilités je me heurte, hostilités souvent masquées, d’autant plus dangereuses ». Concernant cette édition, son choix irait plutôt vers Gallimard que chez Calmann-Lévy. « la chose dépend chez lui de R. Queneau ». Malgré tout un traité sera signé chez C.L. fin janvier 1956 pour un essai historique : « Genèse de l’antisémitisme » grâce à Manès Sperber. Les éditions Fasquelle rééditeront « Jésus et Israël » en 1959.

En avril 1958, il l’informe que la Cour d’Appel d’Aix vient de donner gain de cause à Xavier Vallat, et « déclarer sa plainte recevable et nous renvoyer devant le tribunal de Marseille pour qu’il soit statué sur le fond ». Isaac se montra particulièrement combatif à l'occasion de démêlés judiciaires avec Xavier Vallat, qui l’avait assigné en correctionnelle pour diffamation à la fin des années cinquante : appel solennel dans la presse, jugements de la cour d'appel d'Aix et de la Cour de cassation de Paris, La correspondance avec les anciens du Comité d'action de la Résistance et les copies des pièces produites en 1947 devant la Haute Cour de justice, permirent d’étayer les activités de X. V. à Vichy, à la tête dès 1941, du Commissariat aux questions juives, ajoutant : « Il serait scandaleux que l’antisémitisme incarné par X. V. triomphe, et que le persécuté soit encore obligé par la justice d’indemniser le persécuteur. On dit celui-ci très soutenu par l’église […] X. Vallat se vante d’ailleurs de gagner tous ses procès. Le procès au fond ne m’effrayerai pas s’il n’y avait une clause qui nous ligote : pas le droit de faire la preuve après dix ans écoulés […] La Cour d’Appel a jugé que le Gouvernement de Vichy n’existait juridiquement ni en droit ni en fait. ». Malgré le trouble de cette « vilaine affaire », il lui annonce son projet de conférence à la Sorbonne, projet pour lequel le rabbin Zaoui a été informé, lui-même organisateur d’une conférence à la Sorbonne en 1954, conférence bien organisé, « l’amphithéâtre Richelieu était comble, Justin Godart présidait ». Cette conférence eu lien en décembre 1959 sur le thème : « Le redressement nécessaire de l’enseignement chrétien concernant Israël ». Son souhait de voir Mauriac présider cette conférence le ravirait. Enfin son désir d’atteindre Jean XXIII, n’est pas sans difficultés. « L’appui de Vincent Auriol que Mr Pierre Bloch et vous-même m’avez ménagé est très précieux : peut-être sera t-il possible d’en discuter avec lui. Je crois vous avoir dit qu’à Venise en septembre, j’ai fais quelques travaux d’approche dans le même sens. En tout cas le mémoire est prêt… ». En juin 1960 Jules Isaac obtint une audience avec le Pape Jean XXIII, qui à cet effet convoqua un Concile. Les deux hommes ne virent malheureusement pas l’aboutissement des travaux du Concile.
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